Qui fait quoi ?
Les mots se ressemblent, les métiers non. Quatre distinctions suffisent à s'y retrouver.
- Le psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie. Il pose un diagnostic, peut prescrire des médicaments et délivrer des certificats. Ses consultations sont remboursées par l'Assurance Maladie comme celles des autres médecins.
- Le pédopsychiatre est un psychiatre spécialisé dans les enfants et les adolescents. Même statut médical, même prise en charge.
- Le psychologue n'est pas médecin : il ne prescrit pas. Il pratique l'écoute, l'évaluation psychologique et la psychothérapie. Son titre est protégé : on ne peut l'utiliser qu'en étant enregistré, avec un numéro ADELI ou RPPS.
- Le psychothérapeute porte lui aussi un titre protégé, soumis à enregistrement.
En revanche, « psychopraticien » et « coach » ne sont pas des titres protégés : n'importe qui peut s'en prévaloir. Ce n'est pas un jugement sur les personnes, c'est une information utile avant de confier un adolescent à quelqu'un.
Vérifier un praticien avant le premier rendez-vous
La vérification se fait en quelques minutes et ne coûte rien.
- Cherchez le nom sur l'annuaire santé de l'Assurance Maladie : annuairesante.ameli.fr.
- Demandez directement le numéro ADELI ou RPPS. Un professionnel enregistré le donne sans difficulté.
- Pour le cadre légal des titres, référez-vous à service-public.fr.
Ce que cet annuaire ne fait pas. Les fiches publiées ici proviennent de données publiques (Google Maps) : nom, adresse, téléphone, note et nombre d'avis, tels qu'ils apparaissent à la source. Cet annuaire ne certifie aucun diplôme, ne qualifie personne, n'évalue aucune compétence et n'a aucun lien commercial avec les professionnels listés.
Par où commencer
Le médecin traitant est le point de départ le plus simple : il connaît le jeune, évalue la situation, écarte ce qui relève du somatique et oriente vers le bon interlocuteur.
Il existe aussi un réseau public :
- les CMP (centres médico-psychologiques) et CMPP (centres médico-psycho-pédagogiques), qui reçoivent enfants et adolescents gratuitement ;
- les Maisons des adolescents, présentes dans la plupart des départements ;
- les Points accueil écoute jeunes (PAEJ) ;
- au lycée et au collège, l'infirmière scolaire et le psychologue de l'Éducation nationale.
Les délais d'attente en CMP peuvent être longs selon les départements. Cela ne dispense pas d'appeler : en cas d'aggravation, les numéros d'urgence ci-dessus restent joignables immédiatement.
Ce qui peut alerter chez un adolescent
L'adolescence s'accompagne normalement de changements d'humeur et de prises de distance. Ce qui mérite attention, c'est ce qui dure, ce qui s'aggrave et ce qui empêche de vivre :
- un repli qui s'installe, la perte d'intérêt pour ce qui comptait avant ;
- des changements marqués du sommeil ou de l'appétit ;
- une chute des résultats, un refus d'aller en cours ;
- une irritabilité ou une anxiété inhabituelles ;
- des blessures inexpliquées ;
- des propos inquiétants sur soi, sur la mort ou sur le fait de disparaître.
Cette liste ne permet aucun diagnostic : seul un professionnel de santé peut en poser un. Elle sert à décider d'en parler à un médecin, pas à conclure. Si des propos sur la mort ou le suicide apparaissent, n'attendez pas : 3114, ou 15 en cas de danger immédiat.
Le cadre du consentement parental
Le suivi d'un mineur suppose l'accord des titulaires de l'autorité parentale. Beaucoup d'adolescents redoutent précisément cette étape. Les dispositifs anonymes existent pour cela : Fil Santé Jeunes (0 800 235 236), les Maisons des adolescents et les PAEJ permettent d'en parler d'abord, puis d'être aidé à en parler à la maison. Les règles précises figurent sur service-public.fr.
Comment se passe une première séance
Une première rencontre sert surtout à faire connaissance et à poser le cadre : ce qui amène, depuis quand, ce qui a déjà été tenté, ce que le jeune attend. Le professionnel explique le rythme envisagé et ce qui reste confidentiel.
Il est normal qu'un adolescent soit réticent au début, et il est légitime de changer de professionnel si le courant ne passe pas : la relation compte autant que la méthode. Aucun résultat ne peut être garanti ni promis à l'avance.
Prise en charge : ce qui est sûr, ce qui dépend
Ce qui est stable : le psychiatre et le pédopsychiatre sont des médecins, leurs consultations sont remboursées par l'Assurance Maladie. Les CMP et CMPP sont gratuits.
Ce qui dépend : les consultations de psychologue en libéral ne sont pas remboursées par l'Assurance Maladie hors dispositifs spécifiques. Le dispositif « Mon soutien psy » permet une prise en charge de séances chez des psychologues partenaires, sous conditions. Le nombre de séances, le tarif et les conditions d'accès évoluent : nous ne les reproduisons pas ici pour ne pas diffuser une information périmée. Les modalités en vigueur sont sur ameli.fr.
Une complémentaire santé peut participer, selon le contrat. Aucun professionnel listé dans cet annuaire n'est présenté comme conventionné ou remboursé : cette information doit être vérifiée auprès du professionnel lui-même et sur ameli.fr.
Sources
- ameli.fr — prise en charge, dispositif « Mon soutien psy »
- annuairesante.ameli.fr — vérification des professionnels
- service-public.fr — titres protégés, droits des mineurs
- 3114.fr — numéro national de prévention du suicide